Un regard bienveillant sur des élèves fragiles…

Quel dessein pour le destin des orphelins, dans la continuité d’une main tendue vers une main perdue ?

Le lycée, en lien avec la Fondation d’Entreprise OCIRP, a mis en place un dispositif d’accompagnement de jeunes adolescents et plus particulièrement de jeunes orphelins. C’est ainsi que le lycée a suivi 11 orphelins de père, de mère, ou des deux parents sur l’année scolaire 2013/2014. Bienveillance, suivi personnalisé, lien avec la famille, coaching, tutorat, soutien scolaire, … bref, la communauté éducative du lycée (enseignants et éducateurs) se mobilise sur ce profil d’élèves fragiles.

 

 

Vivre au lycée ne se limite pas à la seule acquisition de connaissances.

“On ne réussit bien que là où l’on se sent bien”, telle pourrait être la devise de l’établissement. Aussi, la vie culturelle et sportive, l’organisation de plages horaires de détente (foyer des élèves,…), un internat agréable et convivial, des activités à taille humaine,… facilitent la qualité de vie des élèves. Une écoute particulière est mise en place dans le cadre de diverses activités (Débat des Internes, les « heures » de vie de classe, des relations au sein de la vie scolaire « adultes et jeunes » basées sur l’écoute,…). Tout cela facilite le bien être des élèves au sein de l’établissement.

 

 

Le lycée Privé Provence verte répondant à ses missions éducative et professionnelle, vise à permettre à l’élève de développer ses capacités humaines et ses compétences techniques en assurant l’accroissement des chances de chacun.

 

 

Les orphelins : une priorité d’établissement.

A la recherche d’un label « accueil des plus fragiles et des orphelins ».

Notre établissement scolaire, sous tutelle du Ministère de l’Agriculture, a engagé depuis plus de deux ans une action visant à mieux accompagner les élèves orphelins de l’établissement. Avec l’aide de Laetitia SIDOBRE, éducatrice, la dimension éducative de l’établissement s’est renforcée en accentuant l’écoute du jeune et le soutien à la parentalité.

A la rentrée 2013, nous avons accueilli 11 élèves orphelins. 

Dans cette synthèse, nous verrons le témoignage de 7 orphelins. Chaque élève a parlé sans retenue, mais tous ne vivent pas leur orphelinat de la même manière.

 

Corinne …

Comme l’élève nous l’avait confié lors du premier entretien, elle continue à aller voir un psychologue. Malgré des difficultés, l’élève progresse et améliore ses notes. Elle vit bien sa scolarité au sein de l’établissement. A l’école, son comportement n’est pas altéré. L’élève est motivée pour continuer au sein de l’établissement. Elle projette d’être plus tard infirmière pour être au service des autres.

Joëlle :

Joëlle, élève de 4ème, est âgée de 13 ans et continue toujours à se confier à son animal familier car rien ne sera répété. Elle souhaite changer d’établissement car sa famille lui manque. En effet, l’élève est interne et son père lui manque beaucoup. Elle aime bien les professeurs du lycée.

L’élève conserve une moyenne correcte de 14/20 pour le deuxième trimestre. Son projet est de travailler dans l’univers des chevaux.

Raphaël :

Malgré le décès de son papa survenu récemment, Raphaël n’a pas changé de comportement avant et après le décès de son père. Son niveau scolaire n’est pas altéré. En effet, la moyenne de Raphaël a augmenté et les professeurs et l’équipe éducative remarquent de la volonté chez l’élève. Raphaël n’a pas encore de projet bien défini pour l’avenir. Les stages en entreprise devraient l’aider.

Lucas :

L’élève avait une « mise en garde travail » au premier trimestre. Lucas est plutôt un élève moyen. Ses notes n’ont pas augmenté au deuxième trimestre, ce qui n’empêche pas Lucas de garder le sourire. Il est orphelin de père. Ses projets pour l’avenir restent encore à définir.

Dylan :

Dylan dont la maman est décédée en 2008 est un élève qui au 1er trimestre a eu un « avertissement travail » et une « mise en garde comportement ». Les notes de l’élève sont en baisse au 2nd trimestre. L’élève souhaiterait se rapprocher de son papa pour avoir « sa liberté » comme il précise comme faire de la moto cross. Mais, Dylan peut se montrer dévoué et courageux. Il souhaiterait se diriger vers un CFA, sans forcément définir encore le métier qu’il aimerait.

Aurélia :

Aurélia avait obtenu les « encouragements » au 1er trimestre. La moyenne de l’élève a baissé, au 2nd trimestre ce qui s’explique par des irrégularités dans le travail d’une matière à l’autre. C’est une jeune fille qui reste sérieuse et volontaire. Elle est interne et sa vie en collectivité l’aide à grandir. Sa maman est fière de sa fille. Aurélia souhaiterait être éducatrice plus tard.

Océane :

Océane est toujours aussi motivée.

Lors du 1er trimestre, Océane avait eu une « mise en garde comportement » pour insolence et bavardage. Les notes de l’élève restent moyennes et son comportement reste à améliorer en particulier par rapport aux bavardages. Nous pensons qu’elle peut progresser et nous l’aidons dans ce sens. Océane est une élève qui a du caractère et elle souhaiterait être éducatrice ou encore travailler pour l’Armée.

 

 

Un accompagnement bienveillant a été engagé par Laetitia SIDOBRE, qui permet à l’ensemble de ces élèves de poursuivre une scolarité avec plus de sérénité.

 

 

Un protocole en plusieurs étapes :

 

  • Une inscription est réalisée en présence du jeune, de sa famille et du chef d’établissement, en juin de l’année scolaire n-1. L’objectif est d’étudier le projet du jeune, ses motivations, ses difficultés, … et imaginer avec lui une marge de progrès, en intégrant des aspects comme son comportement, son attitude, ses résultats scolaires, …
  • Lors de la rentrée scolaire, une réunion d’équipe enseignante permet de mieux appréhender la situation de chaque jeune orphelin. L’objectif est de partager en équipe, pour mieux faire réussir le jeune.
  • L’éducatrice, Laetitia SIDOBRE, se met en relation avec chaque famille, dans l’objectif d’optimiser les liens « famille / jeune / école ».
  • Chaque jeune orphelin est ensuite rencontré par l’éducatrice, en octobre, pour définir avec lui, un suivi personnalisé, ou encore un projet de parcours individualisé.
  • A ce stade, tout est possible : Plusieurs situations :
      • Le jeune se sent bien, ses résultats sont satisfaisants, … l’éducatrice fera des points réguliers avec les enseignants et sa famille. Une rencontre par trimestre peut suffire avec le jeune.
      • Le jeune a besoin d’être aidé. Comment évaluer ce besoin d’aide ? Les enseignants peuvent alerter l’éducatrice sur le plan scolaire. Les éducateurs de la vie scolaire peuvent noter des difficultés d’intégration. Les maîtresses d’internat peuvent aussi alerter si le jeune interne ne se sent pas bien, … ou encore sa famille, un camarade de classe, un professionnel dans le cadre des stages en entreprise …
      • Lorsque l’alerte est donnée, une rencontre est générée (en lien avec le Responsable de vie scolaire et / ou le Chef d’établissement), avec le jeune et très souvent sa famille. Un projet est alors élaboré. Dans ce projet, plusieurs ressources de l’établissement peuvent intervenir : l’éducatrice, des ateliers scolaires de soutien, des temps d’échanges, des mises en projets, l’internat, les temps de soutien scolaire en étude du soir, le CDI, du coaching, des temps supplémentaires de stage en entreprise, … L’objectif est de se donner des espaces de liberté pour que le jeune puisse se sentir soutenu, en évaluant ses besoins et en essayant toujours d’actionner ses qualités, ses envies, en partant toujours des souhaits du jeune. La lutte contre toute forme de décrochage est une priorité d’établissement. Dans le cadre d’un suivi très individualisé, l’éducatrice peut contacter la famille quotidiennement, faire le point avec le jeune et ses professeurs chaque jour, l’accompagner en stage en entreprise, … bref, le suivi devient permanent.
  • Laetitia Sidobre effectue chaque semaine une synthèse écrite, diffusée à l’ensemble de la communauté éducative (personnels de vie scolaire et enseignants).
  • Enfin, une rencontre obligatoire et systématique est organisée le vendredi après-midi avec le Responsable de la vie scolaire pour faire un bilan verbal de la semaine du suivi des jeunes orphelins de l’établissement.
  • A la rentrée 2014, nous avons mis en place ce suivi auprès de 11 jeunes orphelins de père ou de mère.

 

 

 

En Conclusion : 

Les élèves ne sont pas tous « égaux » devant l’école et il est du rôle d’un établissement scolaire de mieux considérer la différence. L’histoire d’un jeune, et de façon plus générale de sa famille, a un impact considérable dans la vie du jeune en question. Le deuil constitue une épreuve très difficile pour les jeunes. L’accompagnement qui a été engagé par Lætitia SIDOBRE, au sein même du milieu scolaire, permet de mieux considérer cette difficulté et de poursuivre ce chemin bien souvent en « silence ». L’écoute devient alors la meilleure des stratégies pour l’éducateur en milieu scolaire et le jeune orphelin.

Enfin, nous pouvons remercier très chaleureusement la Fondation d’Entreprise OCIRP, et notamment Madame PINQUIER BAHDA, Madame ENFREIN et Madame COMBEAU, ainsi que Madame BOUSQUET, notre marraine et salariée de la Fondation.

 

 

Lætitia SIDOBRE, Educatrice et Christian BRAYER, Chef d’établissement

Lycée Privé Provence verte / LEAP St Maximin Chemin du Prugnon

83470 St Maximin. Tel : 04 94 86 52 93 / Fax : 04 94 59 78 91

Un site internet : http://www.fondation-ocirp.fr/

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